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mercredi 19 février 2014

Annick de Souzenelle auteur du livre "'va vers toi"

Extrait de l'émission de France Culture en juin 2013 sur la présence des anges.
Libre arbitre, réalisation de la nature divine de l'homme, la prière comme connexion, lien au centre de nous -mêmes....
Passionnant!
Bonne lecture!
http://www.youtube.com/watch?v=TShELFXhQK4

dimanche 16 février 2014

Etre thérapeute c'est quoi?

Aides toi toi-même avant de vouloir aider (ou de prétendre aider) autrui...
Telle est la devise que tout praticien, thérapeute, soignant devrait  copier trois fois en rouge dans son carnet secret et ensuite, appliquer dans son cabinet de pratique.

La question essentielle que nous devrions nous poser au moins une fois par jour:
Pourquoi soigner les autres? 
Pourquoi s'occuper du bien-être d'autrui?

Je pense que vouloir soigner ou aider autrui vient d'une blessure très profonde de l'âme...
Quelque chose s'est brisée dans l'espérance humaine ou dans l'espérance du progrès et le soignant tente, avec plus ou moins d'aptitudes, de réparer cette cassure...
Nous pouvons aussi soigner car nous aimons trouver des solutions mais cela découle aussi du reste.

Ceux qui choisissent de soigner (ou aider) afin de gagner en pouvoir sur autrui font fausse route.
Ceux qui choisissent de soigner afin de sauver la veuve et l'orphelin font fausse route.

Personne ne sauve personne.
Seule l'âme, cette partie infime (de l'être) polie (très souvent) par la souffrance, décide de se soigner ou non!


Le soignant est comme un tuteur, à un moment donné de la vie de la personne en demande de soins.
Mais ça s'arrête là!


La voie du soignant est un chemin escarpé initiatique.
Les embûches sont les illusions de l'égo: "je peux tout soigner chez cette personne", "oui je peux le faire (alors que le cas n'est pas de son ressort)", "je suis trop nul(nulle) pour soigner", "j'ai peur de la mort alors je soigne comme je peux".

Nous avons tous vécu des cas de conscience de ce type et nous en connaîtrons encore.

Enfin, comment peut on prétendre aider autrui si, nous aussi, nous n'avions connu les affres de la douleur (physique ou mentale) et le parcours parfois cahotique du soin?
C'est ce que dit le célèbre médecin Qi Bo dans le traité de médecine chinoise "Huang Di nei Jing" écrit sous la dynastie des Han.
Qi Bo est devenu un  grand médecin de médecine chinoise car il a connu lui-même les maladies et ses souffrances et à ensuite appliquer les préceptes de son art, la médecine chinoise.


La maladie ne vient pas par hasard: elle s'installe souvent à cause d'une hygiène de vie défaillante.
Lorsqu'on ne fait pas attention à sa santé ou à son niveau d'énergie vitale, c'est que finalement, nous ne pensons pas mériter cette attention.
Nous nous comportons comme des campeurs "sauvages" et saccageons le terrain!

Bien des maladies ont des signes sournois, précurseurs assez discrets mais qui, avec une écoute attentive, peuvent être décelés (pour la plupart d'entre elles) à temps et si c'est le destin de la personne en question.
Qui est vraiment à l'écoute?
Cette pratique de l'écoute de soi est finalement peu enseignée bien que des auteurs intéressants en parlent de plus en plus.
C'est pourtant une activité de salut "public"!
A ne pas confondre avec de l'égoïsme.
Car si nous sommes malades, finalement c'es toute la société (qui va bien au delà du cercle familial) qui est touchée.
A ce propos, le stress et l'agressivité sont des maladies terriblement contagieuses de nos jours!

Le propos de la médecine chinoise...
La médecine chinoise est un art de prévention et d'hygiène de vie.

En médecine chinoise, la palpation des pouls chinois se fait d'après la respiration du praticien.
C'est à dire que le praticien décompte les battements du coeur de la personne en demande de soins d'après sa propre respiration.
Il/Elle est la référence!
De ce fait, cela devrait l'obliger à toujours entretenir et aligner son énergie vitale.
Parfois incompris par sa propre famille "tu ne sais pas t'amuser", " encore une goutte de vin!", "mais tu es une vrai(e) marmotte!", il/elle s'en va tristement dans son coin ou finit par divorcer.
Je plaisante mais à moitié seulement.
Car en entrant dans une vision du monde plus globale, le soignant et sa famille se trouvent à contre courant d'une société de consommation qui phagocyte l'énergie vitale des êtres humains.

Mais si le soignant veut réussir la vaste entreprise de réussir à bien soigner autrui ou apporter une aide quelconque à autrui, 
il/elle doit donc être en parfaite santé physique, morale et spirituelle.
Ou s'il est atteint d'une maladie chronique, veiller à faire ce qu'il faut pour respecter son énergie vitale.
Parfois, la maladie fait oeuvre de salut suite à une mauvaise direction de vie.
Etre parfois confronté(e) à sa propre mort est une expérience puissante de renouveau.
Cela n'est pas "donné" à tout le monde de vivre une telle remise en question.

Revenons à la prise des pouls en médecine chinoise.
Nous cherchons à identifier le niveau "énergétique" (qu'on me pardonne cette vulgarisation) des organes (au sens de la médecine chinoise). 
Les problèmes cardiaques sont à voir avec les docteurs en médecine, ce n'est pas de cela qu'il s'agit ici.
Afin de décompter correctement le nombre de pulsations de la personne en attente de soins par rapport à sa propre respiration,  le coeur du praticien doit être dégagé de toute émotion négative ou positive.
Il ou elle doit être calme comme l'eau claire.
L'énergie de la rate et de l'estomac (énergie alimentaire qui alimente entre autre les pouls chinois) mais aussi celle de la réflexion, de la pensée doit être paisible, harmonieuse.

C'est aussi une autre façon de dire que les Shen du praticien et de la personne venue en consultation doivent être alignés dans le même but.
Le shen en médecine chinoise représente la conscience éclairée, "la pleine conscience" terme à la mode actuellement.
Cela représente le "je pense donc je suis" et plus globalement la clarté, la sagacité de l'esprit, l'action juste ou ajustée par rapport à la situation.
Pour agir selon la voie du juste milieu, l'esprit doit être clair, sans émotions et en accord avec les Lois qui régissent la société ou la morale du lieu de vie.
Celui ou celle qui changera les Lois de la société devra le faire avec un esprit humble, empathique et éclairé.


Pour conclure...
Il est important lors d'une consultation de bien dire à la personne en face de vous quel est votre rôle.
Ni Guru, ni maître à penser, ni psy (à moins que ce ne soit votre formation), vous avez choisi la voie du Tao en tant que soignant/aidant.

Vous êtes un guide temporaire délivrant des informations suivant vos compétences et vos formations dans le respect total de la personne venue demander de l'aide.


Les personnes en demandent de soins ne nous appartiennent pas.









Et la solidarité dans tout ça ( versus les nouveaux gourous)

La crise actuelle est avant tout une crise morale, spirituelle, intellectuelle.




La voie du Tao nous enseigne qu'après des périodes de croissances (le Yang) suivent des périodes de déclins (le Yin).
Ce sont des principes immuables comme l'été (expansion, épanouissement de l'énergie) puis l'automne (l'énergie commence à décroître) et enfin l'hiver (l'énergie rentre sous Terre afin de reprendre des forces).

L'hiver est une période d'enracinement, d'hibernation et de dépouillement.
Le dépouillement fera apparaître de nouvelles pousses.
Sans hiver pas d'été! (même sous les tropiques il y a ces deux saisons).
C'est à dire sans transformation profonde d'une situation pas de changement!


La pensée "magique" qui consiste à faire croire aux hommes et aux femmes du 21ème siécle que tout est croissance dans un temps continu est un leurre.
Une manipulation.
L'économie, comme la vie humaine, suit ce cycle de croissance/décroissance.

Le drame,  c'est que l'Occidental a totalement oublié les valeurs de solidarité.

Aujourd'hui fleurissent nombre de gourous célèbres ou en passe de le devenir rabâchant sans cesse le même mantra: "il faut lâcher prise".
En langue Française, "il faut que" équivaut à une contrainte extérieure qui n'engage absolument pas la personne.
"Il faut que" est le contraire de "je dois", "j'ai besoin" etc...
De même " je veux "est en général dicté par des projections mais ce n'est absolument pas l'équivalent de "j'ai besoin".
Remarquez, au passage, que les hommes politiques sont tous adeptes des formules "il faut que", "y'a qu'à" et "faut qu'on".
On voit le résultat: rien! nada! le néant! 

Donc, ces nouveaux gourous à la mode parlent à des millions de personnes de lâcher prise, c'est-à-dire accepter de ne pas avoir le contrôle de la situation, sans parler de l'essentiel: l'être humain moderne a totalement oublié le partage et la solidarité active.
Il est inhumain de parler de "lâcher prise" face à quelqu'un qui n'a plus d'argent, ne sait pas comment payer ses factures ni comment payer ses besoins premiers comme la nourriture et le logement.

Or de plus en plus de personnes se trouvent du mauvais côté de la barrière car la réalité économique nous rattrape toujours.
Le lâcher prise est certes une première étape mais cela ne réconforte pas vraiment les gens en grande difficulté économique ou psychologique.
En fait, ça ne veut rien dire du tout pour certaines personnes alors qu'une aide, sous quelque forme que ce soit, a une valeur significative de reconnaissance de la détresse de l'autre.

De manière générale, nous avons oublié que la France, comme d'autres pays, a déjà connu des périodes difficiles.
Mais avant, les gens modestes avaient une place pour dormir et une assiette bien chaude, bien remplie pour quelqu'un de plus pauvre qu'eux.
Mais ça, c'était avant!

Lors de mes voyages dans les pays en voie de développement, comme on dit pudiquement, j'avais été frappée par la joie de vivre qui émanaient de certaines personnes réellement en détresse selon nos critères sociaux-économiques.

Je me suis vite aperçue que toutes faisaient fonctionner la solidarité active.
Non seulement, elles activaient le lien social, l'appartenance à telle communauté (par exemple la communauté de tel quartier) mais en plus elles recevaient et donnaient.
Cela les aidaient concrètement et psychologiquement comme "être reconnu", "se sentir utile", "se sentir aimé".

En occident, la reconnaissance passe souvent par le statut social "j'ai de l'argent".
Dans cette perspective, quelle est la valeur de l'individu?
Un individu perd t-il de sa valeur s'il a moins d'argent?
Beaucoup de personnes, sans réfléchir réellement à leurs actions et à leurs paroles vont signifier à la personne "pauvre" que oui elle a moins de valeurs.

Et qu'en est-il de la reconnaissance?
Sous nos latitudes, l'anonymat, longtemps défendu comme une liberté nous étouffe tellement que la télé réalité est devenu un des fameux signes de reconnaissance.
"je passe à la télé" = "je suis célèbre 5 minutes" = "Je suis reconnu(e), apprécié(e) = je suis aimé(e).
Mais, une fois passés par le prisme de la caméra, les décors de la télévisions paraissent plus grands et plus beaux que dans la réalité.
A ce propos, visiter un décor de télévision est une bonne leçon de vie.

Les réseaux sociaux participent aussi de cette même illusion.
Nous parlons à des gens très éloignés de notre lieu de vie.
C'est très utile pour les familles éloignées mais après?
Très peu de gens connaissent leurs voisins.
Certains militent pour des associations humanitaires dans des pays éloignés sans savoir, que peut être, un ou une voisine est en détresse.
Je crois que l'entre aide se fait aussi au quotidien et surtout au pas de notre porte.


Qu'est-ce qui cloche en Occident?
Nous sommes trop dans la rumination mentale et nous sommes incapables ou difficilement capables d'examiner ce que nous faisons, ce que nous sommes, de manière honnête et juste.
Nous examiner ne veut pas dire nous juger.
Chacun a ses qualités mais aussi ses peurs et ses tourments!
Les peurs font souvent faire des bêtises parce que justement elles occultent nos vrais besoins.

De ce fait, je suis toujours très étonnée de constater à quel point la majorité d'entre nous est prête à se précipiter vers la bonne parole (et le gourou qui va bien!) sans essayer de comprendre les relations humaines de base.
Beaucoup essaient d'être heureux, de trouver la recette miracle sans voir ce qui se passe en eux et autour d'eux.
C'est même devenu une quête obsessionnelle et assez égoïste, je dois le dire!
La crise économique, sociale et spirituelle est là pour nous rappeler notre mandat céleste.
Le mandat céleste est notre programme de vie, tout ce qui fait que nous nous levons le matin.
Qu'est-ce qui enrichit une journée?
est-ce gagner de l'argent? ou est-ce de se dire que grâce à cet argent gagné, nous allons participer activement et de manière consciente à la société?
L'argent c'est une énergie.

L'être humain est un animal. Social.
Or, aujourd'hui, nous sommes dans une grande solitude, parfois au sein même de nos familles.
Nous sommes dans une grande détresse psychologique pourtant, même en étant modeste, nous avons pour beaucoup d'entre nous, plus de confort que bien des gens sur Terre.
Inutile de nous culpabiliser car nous sommes issus de gens qui autrefois souffraient des mêmes conditions de vie que beaucoup d'êtres humains actuels.
La voie de l'homme et de la femme noble est de justement d'agir avec perspicacité, clairvoyance, honnêteté, intégrité suivant les lois morales de la société dans lequel il ou elle vit.
La voie supérieure est celle du respect d'autrui et plus globalement de toute forme de vie.
La phrase "agis avec les autres comme tu voudrais qu on agisse avec toi" a tout son sens.
Trop de personnes se plaignent de la société moderne Occidentale sans s'apercevoir que nous sommes et faisons cette société.
Oublie de payer les gens et ne te plains pas d'avoir des dettes!
Engueule ton voisin et ne te plains pas d'être toi même invectivé par un passant!
Oublie tes rendez vous et ne sois pas étonné qu'on t'oublie régulièrement!
ne te plains pas de l'agressivité d'autrui si toi-même tu es incapable de parler avec douceur!
La voie de l'homme et de la femme noble est le changement, la transformation profonde interne.
Elle passe également par tendre la main  à plus "faible que soi". 
Parce qu'un jour c'est moi, vous, toi qui aura besoin de cette main.

Pour en terminer, je dirai que seul le lâcher prise ne suffit pas mais que nous avons besoin de réellement passer à la vitesse supérieure, celle de la solidarité active dans notre quotidien.
Bien que des relais administratifs existent (et heureusement) certaines personnes ne sont pas éligibles pour de tels programmes.
Flottant entre deux mondes, celui de l'intégration sociale et celle de la précarité, ils ont plus que jamais besoin du regard bienveillant et de l'aide active (sous toutes ses formes) et concrète d'autrui.
Rappelons-nous qu'un jour, nous pouvons tous avoir besoin de cette aide!

Remerciements à Mr Shen et à Dominique de Biarritz qui m'ont inspiré cet article.